Si le sieur Z était un jobastre sans grade


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De quoi Zemmour est-il le nom ? Il ne dit pas un mot sur la crise pseudo-sanitaire, ni sur le pouvoir délirant des multinationales sur les nations; mais il est intarissable sur les musulmans et l’immigration. Zemmour, c’est l’opposition contrôlée dans toute sa caricature. Si Zemmour était à ce point dangereux pour le pouvoir, il aurait été chassé de tous les médias, harcelé par le fisc, traîné dans la boue sans possibilité de parole; ses avoirs auraient été gelés et il aurait été obligé de se réfugier à l’étranger pour survivre.

Zemmour est un ami intime de BHL, un protégé de Bolloré et accessoirement un ardent supporter du PSG. Ses fréquentations dévoilent l’hypocrisie des élites: BHL est un super-sayan, Bolloré un catho tradi se faisant confesser deux fois par semaine et le PSG appartient à l’émir du Quatar. Ce dernier point n’est pas un détail. Zemmour, autrefois, ironisait à propos des actionnaires du PSG; mais depuis les intérêts ont évolué: Lagardère: pourquoi la requête du Qatar ouvre la porte à Vincent Bolloré. Tout ce qui est important est caché, bien mal caché, mais encore trop.

Juifs, catholiques, musulmans, tous sont des pions sur un échiquier; chacun à son rôle à jouer dans ce théâtre dont les metteurs en scènes sont de plus en plus visibles, de plus en plus inquiets. Quand vous serez tous piqués dans des camps, vous saurez.

Dans cette pièce de théâtre, je vois deux rôles tragiques assignés à Zemmour. Le premier est de remplacer Marine Le Pen dans le rôle du perdant au second tour. Zemmour, contrairement à Marine, est aux ordres directs de l’oligarchie: quand on lui dit de se coucher, il se couche.

Le second rôle possible pour Zemmour est plus macabre: il pourrait être la futur victime d’un assassinat «islamiste» destiné à détourner l’attention du peuple révolté des véritables coupables, à embraser le pays et à autoriser le pouvoir à résoudre ce que Emmanuel Valls appelle subtilement «la Question musulmane». L’attentat, comme tous les actes terroristes bien commodes, serait l’œuvre occulte des services secrets. Zemmour, est un pion, un soldat, et il est destiné à servir ses maître «quoi qu’il en, coûte». Ah, si il était au courant… Peut-être l’est-il; sans doute n’a-t-il déjà plus le choix. Face à la mafia mondiale, un petit journaliste people, c’est quoi ?

Cher lecteur, si ce n’est déjà fait, tu devrais sérieusement réfléchir aux déterminants fondamentaux de l’ordre des pouvoirs en Europe et dans le Monde. Ta vision habituelle est périmée, si d’aventure elle a un jour été pertinente. Il n’y a pas d’«islamisme»; la libération de l’Afghanistan par les talibans en est la preuve. Si tu as le temps de faire un peu d’analyse, tu pourrais par exemple comparer les discours sur l’«islamisme» au XXIe siècle et sur la Commune au XIXe siècle. Amantine de Francueil, baronne de Dudevant (bref, Georges Sand), écrivait: «Je suis communiste comme on était chrétien en l’an 50 de notre ère. C’est pour moi l’idéal des sociétés en progrès, la religion qui vivra dans quelques siècles». Quelle grande âme ! Mais à l’instant où le «communisme» devint un projet tangible, elle écrivit: «J’aimais cette ville [Paris], cette population aimante et vivante : c’est devenu un repaire de brigands de toutes les nations, opprimant un troupeau de couards et d’imbéciles et finissant par détruire l’asile qu’il a souillé.», «Nous nous attendons demain à apprendre les cruautés atroces de la dernière heure. Les représailles seront terribles aussi.», «C’est une émeute de fous et d’imbéciles mêlés de bandits.»

La reconnais-tu, cette bobo friquée, cette PS qui loue le peuple quand il est soumis et l’agonit d’injures quand il se révolte contre les riches qui l’affame ? Georges Sand ajoutait: «Nous avons à faire les immenses efforts de la fraternité pour réparer les ravages de la haine, cette haine qui noircit le cœur des victimes de la cruauté des maîtres, cette haine qui définit l’«islamisme» dans la bouche des voleurs de pétrole.

La haine !

Tous les hommes de lettres, les «intellectuels» de l’époque ont condamné la Commune comme la quintessence de la haine qui justifie immanquablement le plus terrible des châtiments.

«Je trouve qu’on aurait dû condamner aux galères toute la Commune et forcer ces sanglants imbéciles à déblayer les ruines de Paris, la chaîne au cou, en simples forçats. Mais cela aurait blessé l’humanité. On est tendre pour les chiens enragés, et point pour ceux qu’ils ont mordus.»

Gustave Flaubert

«Pour tout individu épris de justice et aimant la liberté, la Commune reste un forfait exécrable. On peut en amnistier les auteurs et les rendre à leurs droits politiques, l’acte en lui-même demeure justiciable de l’histoire et de la morale, qui ne l’amnistieront jamais. La Commune nous apparaît aujourd’hui telle que nous l’avons contemplée à la lueur des incendies allumés par elle : un accès d’envie furieuse et d’épilepsie sociale.»

Maxime Du Camp

«Nous avons été la proie d’un soulèvement de tous les déclassés, de tous les incapables, de tous les envieux, de tous les assassins, de tous les voleurs… etc. […] J’espère que la répression sera telle que rien ne bougera plus.»

Leconte de Lisle

«Dût-on noyer cette insurrection dans le sang, dût-on l’ensevelir sous les ruines de la ville en feu, il n’y a pas de compromis possible.»

Francisque Sarcey

«Enfin le gouvernement du crime et de la démence pourrit à l’heure qu’il est dans les champs d’exécution.»

Anatole France

«Sur les pavés qu’on replace, l’essaim des Parisiens, reprenant en habits de voyage la possession de leur ville. C’est bon. Il n’y a eu ni conciliation ni transaction. La solution a été brutale. Ç’a été de la force pure… C’est vingt ans de repos que l’ancienne société a devant elle, si le pouvoir ose tout ce qu’il peut oser en ce moment.»

Edmond de Goncourt

«Il fallait que ce mouvement socialiste ait lieu. Et bien c’est fait et il sera vaincu. Que le gouvernement  républicain mette une énergie terrible dans la répression, comme il en a le droit et le devoir,  et la France a cinquante ans de tranquillité devant elle.»

«La république est le seul gouvernement qui a le droit d’être sans pitié pour les fauves, car c’est le régime voulu par la majorité du troupeau.»

Jules Verne

 «Nous ne dirons rien de leurs femelles par respect pour les femmes à qui elles ressemblent – quand elles sont mortes.»

Alexandre Dumas fils

«Sauvé, sauvé ! Paris était au pouvoir des nègres !»

Alphonse Daudet

«Les hommes de l’Hôtel de Ville [où était installé le conseil dirigeant de la Commune] ne pouvaient être que des assassins et des incendiaires. Ils se sont battus en brigands qui lâchent honteusement pied devant les troupes régulières et se vengent de leur défaite sur les monuments et les maisons.»

Émile Zola

Oui; même Zola, le Zola qui louait le courage des ouvriers dociles dans «L’assommoir» ou «La bête humaine». Mais voilà, quand les travailleurs soumis se piquent de décider de leur destin, alors là…

«Comme je vous le disais hier, il faut laisser passer la justice de Dieu. Ceux qui brûlent et qui massacrent ne méritent pas d’autre juge que le coup de feu d’un soldat.»

«Le bain de sang que [le peuple de Paris] vient de prendre était peut-être d’une horrible nécessité pour calmer certaines de ses fièvres. Vous le verrez maintenant grandir en sagesse et en splendeur.»

Émile Zola

Il y en a bien peu qui ont pris le parti du peuple, comme Gustave Courbet qui siégeait à la Commune:

«Courbet était un gros homme, vaniteux et bête, que la croyance dans le succès de la Commune a pu griser, et qui s’est compromis avec l’espoir, depuis longtemps caressé, d’être ministre des Beaux-arts […] il n’était qu’un paysan matois, qu’un citadin déclassé»

Émile Zola dans Le Sémaphore, journal marseillais

Victor Hugo lui aussi milita pour le peuple: il fut expulsé de Belgique pour cela et se réfugia au Luxembourg (considérant sa fortune, il pouvait se permettre de fuir où il voulait; il était du côté du peuple, mais à distance raisonnable tout de même).

Et les médias ? Ils dépeignaient les communards comme des sauvages, des cannibales. On accusait les étrangers de venir grossir les rangs des insurgés. Mais on prenait soin de ne pas écrire que la Commune c’était la Résistance, le dernier bastion contre l’invasion prussienne devant laquelle les versaillais, les grands bourgeois, s’étaient couchés: «Plutôt Hitler que le Front populaire !» crieront ces mêmes traîtres soixante-dix ans plus tard, avec les mêmes effets. Mais quand ils se sont rendus compte que la National Sozialismus était vraiment national et sozialismus, quand ils ont vu Pétain mettre en place le régime universel des retraites et planifier la sécurité sociale, ils ont vendu le pays à des tyrans encore plus cruels pour se faire libérer de la menace populaire, le genre de psychopathes capables de couper les voies d’approvisionnement des camps de prisonniers de l’ennemi pour les faire tous crever, de bombarder les civils des villes qu’ils «libèrent» ou de laisser violer les femmes «libérées» pour calmer leurs troupes. Heureusement, les communistes, les vrais, ont réussi à imposer in extremis quelques avancées sociales juste à la fin de la guerre, avant de se faire immédiatement chasser du pouvoir.

On nous fait croire aujourd’hui que la Sacré-Cœur a été bâti pour expier les massacres de la Commune. Il n’en est rien. Cette bâtisse a été élevée pour faire pardonner cent ans de populisme et pour réaffirmer le pouvoir de l’Église. Le Sacré-Cœur est un monument élevé à la gloire des grands bourgeois. Uniquement financé par des souscriptions, il a été intégralement payé par les riches parisiens réactionnaires. Il était à l’époque le monument le plus haut de Paris, visible à des kilomètres. Est-il étonnant que Ground Zero soit aujourd’hui le gratte-ciel le plus élevé des USA, alors que l’Université de Fairbanks a prouvé mathématiquement, après des années de recherches et de calculs, que la chute du 9/11 – le bâtiment 7 pour être précis – est le fait une destruction planifiée par explosifs ?

Maintenant mon bon public, puisque l’Histoire se répète sans cesse, compare les discours des élites face à la Commune et ceux assénés à l’«islamisme». Compare le sort des martyrs de la Commune, exterminés à coups de canons par les versaillais, et celui de l’Afghanistan, de la Syrie, de l’Irak, de la Libye ou de la Palestine, bombardés depuis des générations par les armées de l’Occident avide de pétrole: aucun homme encore vivant n’y a connu un jour la paix. Ce sont ces générations massacrées qu’on nomme «islamistes». Aujourd’hui, en France, on entasse les «islamistes» dans des enfers de béton insalubres où l’État a cessé toute action, si ce n’est celle de la police, uniquement aux frontières: elle n’y entre pas. Que viendrait-elle y faire au juste ? Elle est bien trop occupée à protéger les beaux quartiers de tous ces antisémites en gilets de sécurité qui viennent saccager notre beau pays et à contrôler tous ces racistes égoïstes refusant de relever la manche quand on le leur ordonne.

Que ça soit la Commune ou le Moyen-Orient, les élites capitalistes ont toujours remporté la palme de la cruauté. Ils sont fiers des boucheries qu’ils provoquent et salissent leurs victimes par tous les moyens, absolument tous, même et surtout les plus abjects. Quelle facilité quand une poignée de milliardaires possède la quasi-totalité des médias… Dans quel monde est-ce le faible qui gagne et le fort qui perd ? Quand on accuse quelqu’un d’un crime de masse, tu peux être sûr que c’est son ennemi qui l’accable de ses propres turpitudes. Toutes des guerres sont déclarées suite à une attaque sous faux drapeau. Tous des crimes de masse sont le fait du pouvoir en place. Demande-toi qui a le pouvoir; le reste n’a pas d’importance. C’est la seule leçon utile de l’Histoire.

Voilà ce qu’est l’«islamisme». L’Histoire radote sans fin. Si tu n’as toujours pas compris, toi qui me lis, c’est sans doute parce que toi aussi tu es soumis aux tares de l’Histoire, comme tous les humains qui peuplent la Terre depuis 300 000 ans au moins. Et si tu te demandes encore pourquoi on émigre en France depuis la Libye, essaie donc d’émigrer en Libye depuis la France avec juste un jeans et un t-shirt, pour voir; puis tu me raconteras, si tu survis.

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