Comment la catastrophe de Challenger est arrivée – analogie avec les injections géniques expérimentales ?


Températures de lancement indiquées par les différentes entités organisationnelles

Fabricant booster (Thiokol) 12

Direction projet propulsion de la Nasa : 4

Producteur de caoutchouc : -4

Consultants scientifiques : -2

NASA : -1

-13°C la nuit précédant le tir à 11h38 fin janvier 86 où il fait encore ~0°C au moment du tir;

Chaque booster comporte plusieurs cylindres emmanchés les uns dans les autres et à chaque emmanchement deux joints toriques qui se dilatent mais pas à la même vitesse que les enveloppes métalliques emmanchées les unes dans les autres. La température ralentit environ 5 fois la vitesse de dilatation du caoutchouc à 24°C.

Pendant 5 ans, des détériorations sont constatées sur les joints et la sensibilité au froid fait l’objet de vives inquiétudes, de discussions et d’études.

Les pièces critiques doivent faire l’objet d’une autorisation spécifique lors de la décision au plus haut niveau d’un lancement.   

En 80 les joints sont classés critique de niveau 2 (parce que doublés)

et en 82 ils sont en niveau 1

mais en 83 une dérogation leur enlève carrément leur caractère critique.

lequel est rétabli en 85 mais incomplètement car les décisions sont prises à un niveau hiérarchique inférieur

Six mois avant le lancement un ingénieur du fabriquant adresse un rapport à sa hiérarchie pour alerter du risque de catastrophe si le problème des joints n’est pas résolu.

Octobre 85 un autre ingénieur du fabriquant demande à suspendre « red flag » la livraison des booster

Un mois avant le lancement, le fabriquant demande la suppression du classement que le directeur de projet de la NASA refuse mais qui est accepté tout de même administrativement par erreur.

La question des joints ne seront donc plus examinés lors des procédures de lancement.

La veille du lancement, les ingénieurs du fabriquant (Thiokol) basé dans l’Utah connaissant la température en Floride font part à leur responsable basé au centre spatial Kennedy de leur préoccupation car la température est plus basse que celle des tests. Leur responsable sur place alerte son homologue de la NASA.

Dans une réunion avec la NASA il indique que le lancement à 11,7°C avait été le plus mauvais résultat jamais observé et le directeur de projet ne recommande pas le lancement avant de demander une suspension de séance pour réunion interne Thiokol.

Durant cette réunion interne deux ingénieurs s’opposent « énergiquement » au lancement tandis que les autres restent silencieux. Le directeur des études semble également opposé au lancement. Les trois dirigeants de Thiokol dans l’Utah s’isolent avec le directeur des études et lui demandent d’« enlever sa casquette d’ingénieur pour mettre celle de manager »

 A Kennedy, le directeur de projet Thiokol se heurte au directeur de projet booster de la NASA qui argumente que les 27 précédents lancements se sont tous bien passé.

A la reprise de la visioconférence à 23h (-2h pour l’Utah) un responsable de Thiokol déclare que le lancement est possible mais ses ingénieurs refusent de signer le fax.

Juste après, lors d’une nouvelle réunion entre trois hauts responsables de la NASA, et le chef de projet Thiokol surpris par la décision de sa société, ce dernier tente de dissuader de lancer en disant qu’ « il ne veut pas avoir à s’exprimer devant une commission d’enquête »… mais sans succès.

On connaît la suite.

Je serais curieux de connaître les rouage de la décision d’injecter des millions de gens et qui a mis sa tête sur le billot à l’image du dirigeant de Thiokol et du chef de projet Booster de la NASA pour permettre la forfaiture « business as usual » sans être inquiétés des dirigeants (Fauci ? Delfraissy ? Lacombe ?….)

Share and Enjoy:
  • Print
  • Digg
  • StumbleUpon
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Yahoo! Buzz
  • Twitter
  • Google Bookmarks

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.