Vérité et idées reçues : le transhumaniste sera bourgeois et souffreteux


Share

C’est une bonne approche que d’aborder les concepts mal compris par des exemples bien choisis. La valeur de ces allégories dévoile parfois la fragilité de l’idéal recherché.

En l’occurrence, on ne devrait pas invoquer une théorie inexplicable – la mécanique quantique – pour expliquer une autre qui l’est tout autant. Le mystère des fentes d’Young est que la physique est incomplète: l’essentiel est caché.

Selon l’aphorisme de Feynman (prix Nobel dans la discipline tout de même), je cite: «Si vous comprenez la mécanique quantique, c’est qu’on vous a mal expliquée.»

La politique ne vaut pas mieux que la physique du XXe siècle: personne n’y comprend rien. Chacun écrit ses règles en fonction de ses préjugés.

Pourtant, le programme du CNR est exactement celui de la Révolution nationale de Pétain, dont le ministère a instauré la retraite universelle et préparé la sécu. Mais cette dernière n’a pas pu être mise en place paradoxalement parce que Pétain était moins dictateur que De Gaulle.

Il n’y avait pas de caisse de retraite à l’époque alors il était facile d’en imposer un régime général. Mais il existait déjà une foultitude de régimes de sécu corporatistes, une manne que personne ne songeait à déléguer. Le gouvernement de Vichy n’a pas réussi à faire plier les corporation là où De Gaulle à imposer la sécu autocratiquement, avant toute élection, entre la fin de la guerre et la constitution d’un nouvel appareil d’État.

Bien évidemment, c’est la pression des résistants communistes qui a fait plier De Gaulle, qui ne voulait pas avoir à gérer une guerre civile au lendemain de sa victoire. Le CNR est la suite naturelle de Vichy, qui elle même était la suite du Front populaire. Pierre Laval était un homme de gauche, n’en déplaise aux pseudo-socialistes bien pensants.

De même, le transhumanisme est une barbarie issue de la lutte des classes et non pas de la technologie.

Par le hasard des marchés, la technologie est devenue une activité rentable et un marqueur social. N’est pas un surhomme celui qui possède un iPhone 13 coûtant un SMIC, mais un banal bourgeois.

Le transhumain sera celui qui aura accès aux colifichets techno-marketing qui le distingueront de la plèbe. Il sera faible, perclus de syndromes psychiatriques, handicapé sans ses béquilles technologiques, souffreteux suite aux vaccins et modifications génétiques imposées par la doxa, en état de décadence permanente, de senescence politique avérée. Son règne est mort-né.

La réalité c’est qu’il n’y a pas de pensée globale. Cette chimère du XIXe siècle a été archivée comme une curiosité, une impasse. En revanche, le concept de méta-théorie a montré sa fécondité. Mais il n’est pas à la portée de tous. Les vieilles conceptions des grecs d’il y a 2500 ans (en réalité 700 ans, mais bon) sont faciles à aborder. Un niveau collège est suffisant.

Mais pour travailler les méta-théories, c’est une toute autre affaire. C’est pour cette même raison qu’il n’y a plus de philosophes: les littéraires se sont révélés incapables de maîtriser la matière technique nécessaire pour manipuler les concepts fructueux. Quant aux scientifiques, ils sont classés dans la famille des ouvriers, pas des intellectuels.

La lutte des classes ne résoudra pas les défis philosophies de notre temps; mais elle autorisera la réflexion sur ces sujets en libérant les penseurs du joug des possédants. Car les élites sont bêtes à manger du foin et détestent les capables, c’est ça le problème: il va falloir les remplacer par des êtres pensants.

Share and Enjoy:
  • Print
  • Digg
  • StumbleUpon
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Yahoo! Buzz
  • Twitter
  • Google Bookmarks

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *