Génocide Rwandais : Contre révolution bourgeoise et manipulation par l’émotion


Share

Le témoignage poignant de Valens Kabarari dans son livre « vivant » montre jusqu’à quel triste extrémités peut aller la barbarie humaine. En comparaison, les hurlements de l’extrême centre en France quand on lui renvoie sa grande violence symbolique par de petits gestes symboliques devant ou sur les murs de ses permanences de démocratie dévoyée prête à sourire.

Pourtant, il faut prendre les enseignements de la construction du génocide sur une longue période au sérieux et ces questions de permanences et de Gilets-Jaunes peuvent être considérés comme des prémisses. L’Histoire nous apprend en effet qu’au Rwanda il y a 25 ans, comme en France lors de la grande révolution ou de la commune, ces déchaînements viennent de loin et opposent toujours deux camps, le peuple dominé et sous des noms divers la classe dominante s’auto-baptisant toujours « élite » sous diverses noms. Ainsi le génocide, la guerre civile sont toujours, où qu’ils se produisent, les fruits d’un pouvoir sans partage suffisant; accompagné d’un pillage et de formes d’esclavages à l’athénienne, d’esclavage pur et dur ou d’une exploitation par le marché, le système, le stress, l’insécurité….

Le cas du Rwanda le montre aussi bien que la France des Louis XIV à XVI. Lorsque les colons allemands puis belges ont dominé le Rwanda, ils se sont appuyés sur les plus aptes à gérer : les Tutsi. Probablement pétris des théories racistes de l’époque, et parce qu’il faut diviser pour régner, les colons européens ont fait évoluer les classes sociales originelles d’un même peuple en ethnies différentiées. En France quand on entend un conseiller du président par effraction Macron, dire qu’on ne trouverait pas beaucoup d’intelligence parmi les Gilets Jaunes, on est exactement dans un nouvel emballage de ce schéma de pensée ethnique très classique. (voir autre article : Alerte à l’eugénisme génocidaire numérique en marche)

Mais revenons au Rwanda. Lorsqu’est arrivée la décolonisation avec l’indépendance officielle est aussi arrivée le concept de démocratie. Pas la démocratie athénienne où seuls les propriétaires avaient la citoyenneté c’est à dire le droit de vote tandis que les esclaves (payés sous une forme ou une autre pour des postes parfois à responsabilité mais toujours d’exécution) et les métèques (immigres temporaires ou durables) n’avaient aucun droit ni à la décision ni à la gouvernance. Au Rwanda, faute d’expérience dans la manière de pervertir la démocratie pour la rendre « athénienne » comme en Europe d’aujourd’hui, ils ont voté. Principal atout de la démocratie, ce sont les plus nombreux, les Hutu qui ont pris le pouvoir au moins nombreux les Tutsi. Une révolution de velours en somme.

A la différence de la France de 1793, il n’y avait pas de bourgeoisie pour prendre la place de la noblesse, c’est donc un gouvernement autocratique et une nouvelle « noblesse » (les 10% de « fidèles » comme le conçoivent les coréens) qui a constitué le nouveau pouvoir Hutu. Parallèlement les anciens tenants du pouvoir, tout comme les nobles déchus de notre révolution française émigraient dans les royaumes voisins, les Tutsi ex pouvoir ont émigré en  Ouganda. Toujours comme nos nobles déchus, ils s’appliquèrent à reprendre le pouvoir.

Certains Tutsi cependant avaient accepté le renversement de pouvoir par la démocratie. Ils étaient donc restés au Rwanda vivant comme les parents de Valens Kabarari au milieu des Hutus mais supportant l’ostracisme de leur appartenance à cette ethnie dont l’autre partie émigrée tentait de reprendre le pouvoir. Même phénomène toutes proportions et formes gardées que les ennemis de l’intérieur que pourchassaient les commissaires du peuple en 1793. Même phénomène encore que les juifs persécutés avec la bénédiction des sionistes alliés aux nazis parce que restés en Europe pour ne pas  être parjures à la promesse faite à Dieu de ne retourner en terre promise qu’après la venue du messie. Indifférents aux commandements de Dieu, les sionistes les considéraient comme des traitres à la cause politique. Quand on voit où en est Israël aujourd’hui et dans quelle folie l’alliance aux néo évangélistes américains pour redessiner et évangéliser par la force et le chaos le moyen orient, on mesure combien Dieu et ses fidèles persécutés avaient raison de ne pas suivre les plans anglais….

Pendant que s’ancre cet ostracisme ethnique au Rwanda, le Tutsi émigré en Ouganda Paul Kagame fait carrière et devient ministre de la défense. Fort du soutien de la CIA, il subtilise un missile qui assassine à l’aéroport de Kigali le président rwandais Juvénal Habyarimana dont on peut parier que les médias occidentaux auront au préalable laissé accroire à tous les peuples du monde qu’il était un terrible dictateur ; ce qui fait que l’assassinat apparait, comme la guillotine pour Robespierre, comme un bien. Comme Sadam Hussein en Irak, comme Muhammar Kadhafi en Libye, comme Bachar el Hassad en Syrie, comme Poutine en Russie, rien n’est plus faux que cette présentation médiatique occidentale. Ce sont des hommes de l’intérêt général du pays au même titre qu’un de Gaulle

Devant l’imminence de reprise armée du pouvoir par cette partie des Tutsi qui vient de leur déclarer la guerre sous cette forme soudaine d’assassinat de leur président (au passage on peut se demander ce qui se serait passé entre Russie et Otan si l’avion abattu au-dessus de l’Ukraine avait été comme prévu celui de Poutine…) les Hutus mettent leur menace de génocide des « Tutsi démocrates » restés au pays en œuvre. Le temps presse avant que les troupes des Tutsi rebelles au résultat démocratique arrivent d’Ouganda ; prétendument au  secours des Tutsi Rwandais qu’ils les considèrent en réalité comme des traitres pour avoir accepté le changement de pouvoir et être restés au Rwanda. Ils reviennent en réalité pour reprendre possession du Rwanda mais pas pour sauver ce qui reste de l’autre partie de leur ex classe sociale.

Les Tutsi dominateurs d’Ouganda, armés par la CIA, l’emportent . Comble de la perversité, celui qui a assassiné le président, déstabilisé le pays et provoqué un génocide, Paul Kagame apparait comme le sauveur. Tous les médias du monde, détenus et au services de la bourgeoisie mondiale (sauf les rares financés par les russes et quelques indépendants sur internet qualifiés de complotistes) vont bénir le retour au pouvoir et minimiser le génocide. Ce ne sont que des noirs qui s’entrent-tuent… Leurs journalistes ténors médiocres-zélés où leur journalistes ordinaires médiocres-malgré-eux voient d’un bon œil le retour à « l’ordre des choses » : les dominants, un instant de l’histoire dominés par le peuple, sont redevenus dominants. Il convient donc de stigmatiser les Hutus et de glorifier le nouveau président.

Le président Kagame ne recule devant aucun génocide pour asseoir son pouvoir. Il ne s’arrête donc pas en si bon chemin. Il s’en va tel le croisé moyen tel le justicier, pourchasser jusqu’au Congo les auteurs Hutus du génocide des malheureux « Tutsi démocrates ». Il lui faut en effet s’assurer qu’ayant pris goût au pouvoir et à ses « avantages », les Hutus ne reviendront pas, armés par les français (interview de Guillaume Ancel Thinkerview YouTube qui n’a pas compris le problème et se laisse entrainer par ses bons sentiments), lui refaire le même coup que celui qu’il vient de réussir avec l’aide des américains.

Finalement cette histoire est celle d’une contre révolution bourgeoise réussie(1) avec le concours de l’étranger.

Dans ses modalités c’est un coup tordu sanguinaire de maître.

On aurait donc tort de s’en tenir aux apparences

Malgré toute la pitié et l’estime que j’ai pour les migrants africains et sémites en Europe, je pense qu’il en va de même car c’est financé par le chef des organisations non gouvernementales Georges Soros dont les effets pervers induits ne sont pas moindre que ceux de Kagame. L’enfer est pavé de bonnes intentions et le mal se présente toujours sous les traits du bien.

 

 

(1)

Ça se passe moins bien au Venezuela mais l’armée pseudo américaine de 4000 mercenaires n’a pas encore dit son dernier mot. En France vers 1792, toute l’Europe s’était dressée contre les révolutionnaires et elle soulevait l’intérieur tout en attaquant l’extérieur. La lutte avait été plus féroce qu’au Venezuela de Maduro mais ça globalement ça n’avait pas fonctionné non plus.

Pas plus que le retour des bourgeois cubains de Floride avec l’aide des gouvernants nord-américains. Ce n’était qu’un siècle plus tard après une paix à grands frais sur le dos du peuple ouvrant la voie au massacre des communards par les versaillais puis grâce à la tactique de noyautage de la république de l’intérieur (Adolphe Thiers n’avait rien à envier à Paul Kagame quant aux velléités génocidaires et de domination) que la contre révolution bourgeoise française a réussi.

Au Venezuela après le putsch manqué d’un Chavez sauvé par la télévision d’état et le peuple, il a fallu quinze ans de création des conditions et l’assassinat maquillé en cancer de Chavez pour que les bourgeois armés de la CIA et des gouvernants Etats-Uniens parviennent péniblement à installer sur un strapontin un tyran autoproclamé.

En Amérique Latine en général, au Brésil en particulier, après l’épidémie d’assassinats de présidents par cancers, c’est encore la création de toute pièce d’un environnement économique difficile qui a permis de manipuler le peuple. Lulla a eu de la chance, puisque c’est avec la méthode juridique qui a éliminer le peuple et permis d’installer un dictateur bien pire que les leaders dévoués de leurs peuples que sont Khadafi, Hussein, Erdogan ou Assad.