Soit-disant plus de lutte des classes pour les pauvres, mais une classe de riches solidaires


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C’est Josette d’Attac qui, dans ses réunions de la FI les mardis au Gambetta, soulignait l’importance des analyses de ces militants de gauche (la vraie) que sont Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot : Du coup un ami s’est intéressé à la sociologie des riches qui date de 2000 mais reste très actuel même si des précisions ont été apportées dans le président des riches, tentative d’évasion fiscale, l’argent sans foi ni loi, les prédateurs au pouvoir, la violence des riches. Voilà ce que j’ai compris de ce qu’il m’a raconté :
Dans leur monde :
– l’argent qui n’est qu’un moyen de sélection et d’accès à une reconnaissance de niveau social,
– une fois la marche franchie « tout le monde est égaux » on peu circuler librement sur le plateau de leur classe,
– ils se reconnaissent par trois capitaux : économiques, sociaux et culturels et cela leur donne leur identité de classe, et en particulier se différencient d’avec les nouveaux riches pas encore anoblis ni blanchis de leurs exactions,
– ils pratiquent entre eux un collectivisme total en pleine conscience de classe; les riches sont des communistes !
– Ils fonctionnent en famille pour transmettre l’héritage matériel, artistique et culturel
– Leur trans-nationalité ressemble à celle de la noblesse d’autrefois; le plateau de classe n’a pas de frontière
– Leur sur-socialisation interne compense une désocialisation externe implicite de la domination,
– Ils ont leur version moderne du palais de la cour avec ces quartiers ghettos fortifiés dans chaque capitale,
– pour se sentir bien, ils pérennisent la fortune initialement volée aux prolétaires par la recherche d’une virginité sous forme de label de noblesse,
– comme dans la noblesse d’autrefois, des mariages restent d’intérêts et consolident différentes facettes de la puissance,
– Ils coordonnent leurs intérêts de classe par la participation à des cercles à cooptation sélective,
– Ils organisent nos institutions pour les/se mettre au-dessus des lois (et notamment les transferts du pénal vers le civil pour les riches et du civil vers le pénal pour le peuple)
– Mais surtout, ils ont l’obligation de fabriquer des pauvres pour se constituer en riches ; c’est-à-dire à fabriquer des dominés pour être dominants ; irais-je jusqu’à ajouter des malheureux pour se sentir heureux ?
 
Finalement, cette histoire d’aujourd’hui vue à la lumière de 1789 ou de 1917 c’est en suivant la Ferme d’Orwell : comment, avec le temps, les bourgeois deviennent des nobles. Maintenant après deux siècles et demi ils en sont, ils se sont fondus.
Il serait donc temps de remettre le couvert avec une nouvelle caste dominante mais je ne vois pas la circonstances fondamentale comme l’industrialisation qui permettrait de bouleverser la donne : l’automatisation/informatisation/robotisation ? la mise en réseau des peuples ? le désir de liberté affranchi des carcans religieux ? une nouvelle religion des jours heureux baptisée l’Avenir en commun ? le ras le bol des moutons moyens de tous poils d’avoir à subir les tontes à porter ce qui reste de société et de systèmes sociaux ? Je pencherais pour cette dernière solution.
Quoi qu’il en soit, l’utilisation des dominés dans la transition pour placer une nouvelle classe dominante auparavant « intermédiaire » semble une constante. C’est le premier acte, de sa future domination; un acte double de prise de pouvoir par la force et par intermédiaire vis-à-vis du « dessus », et par la ruse vis-à-vis du « dessous ».
A bientôt au Gambetta Insoumis Lyonnais !
il y avait l’OL, il y a maintenant l’IL  :  la nouvelle conscience de classe en marche !