Les entreprises fléau barbare du présent et potentiels atouts du futur


La barbarie ce ne sont pas seulement les actes à vous dégouter de la nature humaine.

Ce sont aussi certains systèmes. La barbarie c’est l’inversion de la hiérarchie des ordres. Normalement les questions matérielles d’ordre technico-économiques sont encadrées par les règles et lois. L’ordre juridico- politique variant selon les sociétés et les époques, il a besoin d’un niveau supérieur traçant la frontière entre le bien et le mal. Mais cette frontière est encore imprécise et cet ordre moral découle à son tour de l’ordre d’« amour ». C’est l’ordre ultime du repère ultime permettant de fixer cette frontière entre le bien et le mal. Toute société fonctionne harmonieusement si le niveau amour commande au niveau moral, que le niveau moral commande aux règles, que les règles sont appliquées pour encadrer la réalité.

« Quand le pillage devient un moyen d’existence pour un groupe d’hommes qui vit au sein de la société, ce groupe finit par créer pour lui-même tout un système juridique qui autorise le pillage, et un code moral qui le glorifie. » Cette vieille analyse de Frédéric Bastiat est aussi saisissante de lucidité que par son actualité.

Le groupe d’homme vivant dans la société et se repaissant du pillage feutré, systématisé, ce sont les rentiers détenteurs ou les dirigeants des multinationales et des grandes banques. Le code moral c’est l’idéologie ultra libérale. Sous cette idéologie, les grandes organisations privées sont devenues l’instrument d’une barbarie élevée au carré glorifiée par les principaux médias (Pujadas en tête).

Les entreprises dévoyées en fléaux des sociétés

Ils sont nombreux les ravages des dirigeants et détenteurs des grandes entreprises :

  • Elles déstructurent les familles par surpression, mobilité et mutations
  • Elles usent les personnes
  • Elles externalisent les effets de leurs excès sous forme de problèmes de société :

     

    • santé publique : explosion des cancers, fatigue endémique, obésité, diabète, stress, harcèlement, burnout…),
    • guettos et communautarismes : production de sans-travail, précaires, travailleurs pauvres, chômeurs )
  • Elles ruinent les systèmes sociaux,
  • Elles mettent les travailleurs en concurrence
  • Elles fabriquent des chômeurs, précaires, travailleurs pauvres, indemnisés presque moins pauvres que les bas salaires,
  • Elles détruisent les règles communes (code du travail émietté en négociations par branches) pour dicter les leurs,
  • Elles reportent leurs coûts vers les sociétés (import massif de main d’œuvre sous payée sans intégration),
  • Elles asphyxient des milliers de PME et prennent les marchés de millions d’indépendants
  • Elles étouffent les états par la fraude fiscale, la contestation permanente des règles et le tarissement des assiettes de taxes,
  • Elles privatisent les domaines étouffés pour s’octroyer des rentes (mutuelles, écoles, cliniques…)
  • Elles concentrent les toutes les activités jusqu’à obtenir un monopole à trois
  • Elles s’octroient des rentes sur les populations (collecte des déchets des collectivités, distribution de l’eau, épuration de l’eau, autoroutes, parkings, frais bancaires, impôts locaux par manipulation des taux d’intérêts, spéculation sur les produits alimentaires, taux de la dette après appropriation du droit de battre monnaie via la loi scélérate de 72 par Pompidou et Giscard d’Estaing
  • Elles mettent les états en dépendance par la dette et la menace de procès
  • Elles forcent à l’ingestion massive de substances délétères pour la santé (sucre, perturbateurs endocriniens, vaccins, médicaments, OGM….)
  • Elles spéculent contre leurs clients épargnants (Goldman Sachs, subprimes, spéculations alimentaires…)
  • Elles font travailler leurs clients sans changer les prix
  • Elles prennent du temps d’attente (supports tels, caisses supermarchés, avions…) ou de dysfonctionnement (Microsoft) à leurs clients sans les indemniser
  • Elles tiennent leurs clients isolés pour les priver de toute défense (impossibilité d’actions collectives de consommateurs)
  • Elles empêchent la sortie d’innovations technologiques qui ruineraient leurs marchés (Pierre Lance Chercheurs exclus, savants maudits)
  • Elles corrompent les élus en charge du bien commun
  • Elles agitent les contestations par philosophes médiatisés (BHL)
  • Elles fomentent des guerres (pétrole, gaz, uranium)
  • Elles déstructurent les états (dépeçage des actifs de la Grèce après ceux de Chypre,
  • Elles poussent au surarmement (économie américaine sous perfusion et stimulée par l’armement et l’Europe qui (re)prend le même chemin)
  • Elles fomentent des coups financiers à l’échelle de pays (Chypre, Grève, taux variables et endettement des collectivités françaises, ruine des économies d’Amérique Latine par le FMI….)
  • Elles incitent aux développements technologiques hasardeux
  • Elles tuent à petit feu en nous faisant manger des produits nocifs par contrats internationaux forcés et technocrates idéologiquement influencés et matériellement corrompus,
  • Elles poussent au gaspillage de nourriture par bourrage de crâne sur les critères visuels
  • Elles inventent leurs juridictions et voudraient y trainer les Etats ; c’est-à-dire priver des peuples entiers de leur souveraineté
  • Elles trafiquent le vivant
  • Elles épuisent la terre
  • Elles tuent la biodiversité
  • Elles conditionnent idéologiquement en s’appropriant les médias
  • Elles manipulent les opinions par grands médias interposés (TF1, A2, Europe, RTL….)
  • Elles contrôlent et surveillent les utilisateurs du téléphone et d’internet pour vendre leurs informations privées sans indemniser les personnes sources,
  • Elles nous polluent l’espace et le temps avec de la publicité,
  • Elles pervertissent les dispositifs économiques avec le financement par la publicité

 

La liste est longue, beaucoup trop longue et il faut bien se rendre à l’évidence : le totalitarisme nouveau est arrivé ! Le nouveau totalitarisme prévu par Huxley est donc déjà là. Cette situation de barbarie élevée au carré est commune à tous les totalitarismes mais comme prévu par le même auteur, ce nouveau totalitarisme financiaro-médiatique des actionnaires de multinationales et des grands banquiers ne ressemble pas aux totalitarismes d’hier. On ne s’en est donc pas aperçu ; d’autant moins que les médias nous le cachent ; d’autant moins que l’idéologie dominante le glorifie.

Mettre fin à la barbarie

Seul l’ordre d’amour tient encore vaguement bon. C’est en s’y référant implicitement, qu’on peut activer malgré la propagande idéologique libérale mâtinée d’agitation des peurs, l’indignation (Stéphane Hessel), tantôt l’insoumission (Jean-Luc Mélenchon). Comment tolérer la misère et l’amplitude des inégalités qui s’étalent partout et qui ruinent le progrès et l’harmonie collective au profit de quelques-uns ?

Le surgissement du mot résistance traduit autant la référence historique que la résilience empêchant vaguement la rupture définitive. Le pape François a pris des positions allant dans le sens de l’amour ; rompant avec la traditionnelle alliance du sabre et du goupillon. Son sermon de noël sur ses 12 maladies à la curée, il s’y réfère implicitement.

Le protestantisme de Luther était une révolte et un recentrage contre l’église d’alors qui était tombée dans les mêmes errements que la finance d’aujourd’hui. Il était l’aération salutaire dont avait besoin l’Europe de 1517. L’avenir en commun de Jean-Luc Mélenchon est le vent du renouveau de 2017 et internet est son vecteur comme le fut l’imprimerie pour Luther. Mais il faut éviter les guerres, toutes les guerres, celles du pétrole et du gaz comme celles de religion. N’y meurent que des pauvres et cette fois une guerre de plus pourrait bien devenir l’holocauste.

Les facilités de déplacements modernes, les brassages culturels nous confrontent aux coutumes des autres. La dévalorisation du travail depuis 40 ans au point qu’il se confonde aux plus bas salaires avec une indemnisation de survie ou de chômage pourrit les relations entre pauvres et dominés. Le risque de leur division pour l’une ou l’autre raison est énorme, tant la stimulation est puissante.

Refonder un peuple laïc et républicain en France avec une 6ième république permettra d’assurer l’unité. La relance de l’économie par la mer et l’agriculture paysanne, par les 100 milliards d’investissement initial de l’Etat appelant d’autres investissements y contribuera tout autant. L’amplification par l’idéologie de la qualité (voir article « Paris vaut bien une messe ») serait un atout supplémentaire.

Transformer les entreprises en atouts des sociétés

Mais en plus du niveau économique, il faut revoir les croyances ; en particulier celles des entrepreneurs ; Medef en tête.

Une entreprise, c’est avant tout un lieu social, un lieu de coopération collective où chacun trouve son intérêt matériel et pas seulement les actionnaires. Peu importe qu’elle soit privée ou publique, l’important et qu’elle rapporte à ses acteurs et serve la collectivité.  

On doit venir y travailler non pour s’abrutir à prendre des parts de marché au concurrent mais pour contribuer à l’amélioration de la société et de l’environnement dans son ensemble. Tout le monde doit pouvoir y participer. Au fur et à mesure de l’évolution de la puissance technologique il faut à la fois répartir le travail et réduire le temps de travail.

Il faut répartir les profits et octroyer des pouvoirs en rapport avec les compétences. Les expériences d’entreprises libérées montrent à quel point un partage des profits stimule l’implication ; non pas tant par l’argent gagné que par la solidarité collective.

Dans la répartition des profits, la priorité doit être donnée à l’investissement et aux infrastructures (charges, taxes, impôts) avant les profits partagés entre les travailleurs qui elle-même passe avant la rémunération du capital.

Les entreprises doivent être considérées non comme des instruments de profits mais comme des rouages  d’apport de richesses à la société.

Les entreprises ne doivent plus se mêler de société mais la financer. Elles ne doivent plus corrompre la politique ou financer les médias, et pour cela leur domaine doit être contenu ; par un concordat au même titre que les religions sous la houlette du principe de priorité au bien commun ; le plus grand collectif passant avant le plus petit collectif,

Les entreprises doivent être considérées non comme des installations industrielles mais comme des éléments intégrés et avant tout chargé de protéger la nature.

La concurrence orientée volume doit être remplacée par l’émulation tournée vers la qualité.  

Les entreprises, les syndicats professionnels, les entrepreneurs doivent faire tout le contraire de ce qu’ils font actuellement. Cela pacifierait les relations avec les travailleurs tout autant que l’amélioration économique et la refondation de la nation.

Il faut refonder les entreprises pour rompre avec le modèle des grandes entreprises dominantes et privilégier un modèle « ballon de rugby » plutôt qu’un modèle « diabolo » (F. Bredel).

Les effets de cette révolution sur les sociétés seront tout autant bénéfiques dans le futur qu’ils sont destructeurs actuellement. Qui a dit que l’on devait souffrir ? Nous sommes potentiellement assez intelligents pour vivre pacifiquement ensemble en passant nos temps à nous cultiver et nous épanouir ; presque sans travailler. N’est-ce pas une perspective plus attrayante que la guerre ?